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Les enfants de Pierre HENRY (7) : Lucien Pierre

Cet article fait suite aux 4 articles rédigés dans le cadre du Généathème d’Octobre 2021 « Vos ancêtres et la Justice » :
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 1) : Pierre HENRY
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 2) : Pierre HENRY
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 3) : Pierre HENRY
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 4) : Pierre HENRY

Ces affaires nous ont emmenés très loin dans le sordide d’un noyau familial indigent vivant de la charité publique, de rapines diverses où l’ivrognerie et le mensonge étaient omniprésents.
Il m’a paru évident de compléter cette histoire pour savoir et partager ce qu’étaient devenus les neuf enfants de Pierre HENRY (sosa 62), lequel a fini ses jours aux Iles du Salut en Guyane Française le 28 janvier 1885.

On se souvient de Lucien Pierre HENRY lors des affaires de 1882 relatées précédemment. Voyons ensemble quel sort lui a réservé la vie.

Pour ne pas contrevenir à la loi … je n’y contreviendrai pas et ce sera très facile.

Lucien Pierre nait le 08 janvier 1869 à Montlouis-sur-Loire. Il est le septième enfant (sixième vivant) de Pierre HENRY et Marie Joséphine GAUTIER. La déclaration est faite par le père en présence de :
– Athanase-Napoléon DANSAULT, maréchal, âgé de 30 ans
– Sylvain ARNOULT, rentier, âgé de 72 ans

Source AD37 – Montlouis sur Loire – cote 9NUM8/156/006 – pg 370/390

Agé de presque 5 ans, sa mère quitte ce monde le 28 novembre 1873. Il est pris en charge probablement par ses sœurs Désirée Marie et Armantine Léontine dans une moindre mesure. Les enfants sont livrés à eux-mêmes et entrainés par leur père à profiter de la générosité toute relative des habitants de la commune.

En 1876, son frère Pierre Isidore est envoyé en maison de correction suite à une affaire de vols (voir ici)

A l’hiver 1877, Lucien sera directement impliqué dans l’affaire « Gaudron » puisqu’il est présent ce 04 janvier quand René GAUDRON dit Lunette aurait à plusieurs reprises abusé ou tenté d’abuser sa sœur Armantine (voir ici). Ceci étant, René GAUDRON est acquitté en mars de la même année.

En 1878, il voit partir sa sœur Désirée en maison de correction au Refuge de Tours (voir ici). A la maison, il ne reste plus qu’Armantine et la petite dernière, Louise Antoinette.

En Mai 1882, il est acquitté des fait de vols dont il est accusé « comme ayant agi sans discernement ». Par contre, ses dépositions contre son père sont accablantes et enverront ce dernier au bagne.
Il est remis à « ses parents », c’est son cousin éloigné Etienne BLOT qui essayera de lui apprendre le métier de taillandier.

En 1886, lors du recensement à Montlouis, je perds sa trace pour ne la retrouver qu’en 1889 dans les listes cantonales de tirage au sort (à priori la cote 1R406 que je n’ai pas encore consulté). Il aurait été réformé d’après les informations trouvées dans … un dossier de procédure de justice. Eh oui !

Champion toutes catégories confondues

Le 10 avril 1891, à Corbeil, il écope d’un mois de prison pour vol et coups et blessures.

Le 10 mai 1891, à Melun, il est arrêté pour outrages et violences à garde-champêtre, ivresse manifeste. Jugé le 13 mai, il prend 8 jours et 5 francs d’amende.

Le 27 mai 1891, à Melun, c’est 10 jours de prison et 5 francs d’amende pour ivresse, violences et rébellion.

Le 16 avril 1892, à Tours, il est inculpé pour coups volontaires à agents en date du 12 avril 1892 et condamné à 6 semaines de prison et 16 francs d’amende. Petit retour sur les faits (source AD37, cote 3U3/2505).
Les agents DESGEORGES et ROLLAND sont en tournée Quai Port Bretagne à Tours quand ils aperçoivent 2 individus qui se battent. L’agent DESGEORGES prie le plus récalcitrant, un nommé HENRY, de le suivre en le saisissant par le bras. Arrivés près des Halles, HENRY refuse d’avancer et dit « Si tu es seul pour m’emmener, tu peux te fouiller« . L’agent le reprend par le bras mais HENRY ne se laisse pas faire, saisit l’agent par les parties et lui envoie 2 coups de poings. Deux agents des Halles viennent en renfort et maitrisent le nommé HENRY qui subitement se couche et fait le mort. Les agents le hisse dans une charrette pour le mener au poste. En chemin, il reste sans bouger au moins 1/4 d’heure, se relève et comme un forcené saisit l’agent ROLLAND, lui déchire sa tunique et le frappe des pieds et des mains. DESGEORGES voulant aider son collègue est pris à parti, voit sa tunique déchirée elle aussi et reçoit son lot de coups. Ce sont 2 autres agents qui permettent de ligoter HENRY qui de nouveau joue  » l’inanimé  » et est trainé en voiture jusqu’au poste. Au moment de le délier pour le mettre au « violon », HENRY se rebiffe à nouveau, donne des coups et mord l’agent ROLLAND.
Lucien HENRY pour sa défense dit au juge :  » J’ai été condamné une seule fois à Melun. J’étais sans connaissance lorsque j’ai frappé les agents; j’avais une attaque d’épilepsie. Je sais bien que je j’ai déchiré les tuniques des agents. Je persiste dans ce que j’ai dit. « 

Le 30 avril 1894, la 11ème chambre de Paris, le condamne pour coups, outrages, rébellion à agents et ivresse en date du 23 avril, à 2 mois de prison et 5 francs d’amende. Il sort de prison le 23 juin 1894.

Le 20 juillet 1894, le tribunal de Saumur le condamne également à 2 mois de prison et 16 francs d’amende pour outrages et ivresse le 14 juillet précédent.

Libéré le 14 septembre 1894, Lucien se trouve sur la commune de Francueil le 07 octobre. Vers 07h du soir, il entre ivre dans l’auberge du sieur BOUTET qui le met à la porte. Deux clients qui se trouvaient à diner dans l’établissement s’aperçoivent que 2 seaux en zinc leur appartenant et qu’ils avaient laissé à la porte ont été subtilisés. Lucien vend entre-temps les seaux au sieur MEUNIER pour la somme de 2 francs. Ledit MEUNIER s’étant arrêté à l’auberge, parle de son achat et apprend que des seaux ont été volés à des vendangeurs de passage. Il laisse les seaux à l’aubergiste pour qu’il les remette à leurs propriétaires s’ils viennent à les réclamer.
Lucien se représente le 08 octobre matin à l’auberge, le sieur BOUTET le reconnait, le met à la porte en lui disant qu’il est le voleur des seaux. Le garde champêtre est alerté de suite des faits et retrouve HENRY qui l’insulte, lui envoie des coups de poings et des coups de pieds (ndlr : entre nous, il me fait penser à un ninja, non ?). Plusieurs personnes accourent pour le maitriser et le mettre au violon de la localité. Les gendarmes viennent le cueillir le même jour dans l’après-midi pour l’emmener à Tours; ils notent que Lucien a une ancre tatouée sur la main gauche. A la maison d’arrêt, il est noté « tatouage de 2 ancres sur les bras, nombreuses cicatrices sur le dos et sur les 2 rotules ».
Le tribunal de Tours le condamne le 16 octobre à 4 mois de prison pour vol, outrages et rébellion (AD37, cote 3U3/2553).
Le 21 novembre 1894, il est transféré à la prison de Chinon. Il sort théoriquement de prison le 09 février 1895 (et non le 09 janvier 1895 comme noté sur l’écrou ci-dessous). D’après les propos de Lucien Henry lors de son arrestation suivante, il serait sorti le 23 janvier 1895 …

Source AD37 – cote 2Y431 – Ecrou Maison de Correction – pg 224/313

Le 21 mars 1895, il est arrêté par le gendarme Florimond SAMIER pour vagabondage sur la commune de Luynes.  » Etant de service de planton à notre résidence au lieu dit La Romaine, nous avons aperçu un individu étranger au pays, vêtu de haillons […] nous l’avons questionné sur son identité et moyen d’existence, il nous a déclaré : je me nomme HENRY Lucien, 26 ans, je n’ai pas travaillé depuis le 23 janvier 1895, date de ma sortie de la prison de Chinon, je n’ai aucun moyen d’existence, je mendie pour vivre « 
Le même jour, à la demande du maire de Luynes, un médecin visite Lucien à la brigade de Luynes. Il reconnait un état épileptique et une faiblesse générale qui rend impossible la marche de Luynes à Tours pour son transfèrement devant le procureur. Un convoi civil composé d’une voiture à un collier conduit par le sieur CHIDET est alors requis pour mener Lucien HENRY à Tours.
Le 22 mars il est écroué à la maison d’arrêt de Tours et condamné le 23 mars à 8 jours de prison. Il est mis en liberté le 30 mars 1895.

Le 17 octobre 1895, Lucien est à Paris lorsqu’il est arrêté pour outrages, rébellions et vagabondage. Je n’ai pas consulté les dossiers de procédure aux AD de Paris mais les Tables Alphabétiques et Rôles du Tribunal Correctionnel (cotes D1U66017 et D1U65648) confirment bien sa présence.
Il est condamné à 6 mois de prison et 2 ans d’interdiction de séjour. Il sort théoriquement le 17 avril 1896.

Le 25 septembre 1896, le tribunal de Blois le condamne aussi à 6 mois de prison pour tentative de vol, outrages et coups et blessures volontaires commis le 16 septembre 1896. Il sort le 25 mars 1897.

Le 13 octobre 1897 à Tours, les agents de police PECHER et PERTHUIS dressent un procès verbal indiquant que dans la nuit du 12 au 13 octobre en passant par la place Victoire, ils ont trouvé un individu couché près d’un sac contenant des pommes. Ils n’ont trouvé aucun papier d’identité mais l’individu a dit s’appeler Lucien HENRI âgé de 22 ans, né à Fondettes et y demeurant chez son père. Il a essayé de leur échappé durant la nuit et ils l’ont enfermé au violon.
Interrogé de nouveau (le lendemain de son arrestation), il dit avoir 28 ans et né à Montlouis sur Loire, ce qui est plus proche de la réalité ! Il loge depuis 4 jours en garni place Victoire et vient du côté de Nantes. Il est réformé et n’a jamais été condamné. Le 12 octobre, il a ramassé des pommes à travers champs sous les arbres sur la commune de Saint-Cyr et affirme ne pas les avoir volées; le sac contenant les pommes lui a été prêté par son beau-frère POIRIER, cordonnier et demeurant au 6 rue des Prêtres. Il est épileptique et au moment de rentrer à sa chambre la veille après sa « cueillette », il a été pris d’une crise et est tombé au sol où il est resté jusqu’au passage des agents. Ses papiers sont chez son beau-frère.
Interrogé, François POIRIER (45 ans, chiffonnier) déclare que Lucien HENRY est bien son beau-frère qui ne peut rester nulle part et voyage continuellement de bourgs en villes. Il y a peu de temps qu’il est revenu à Tours et est entré comme ouvrier chez le sieur AUZANEAU, maréchal ferrant au village des Guets commune de Montbazon où il a travaillé deux jours et à la suite d’un coup de pied de cheval il est entré pour quelques jours à l’hôpital. Le 12 octobre, Lucien a effectivement demandé un sac pour aller ramasser des pommes à travers champs. Quant à ses papiers, ils ne sont pas chez lui et ignore ce qu’il en a fait.
Lors de son interpellation, les agents trouvent, en plus du sac de pommes, un couteau, un porte monnaie contenant un franc de Louis Philippe et un mouchoir à petits carreaux lilas avec bandes rouges formant une croix. Lucien avoue avoir emporté ce mouchoir par « mégarde » à sa sortie de l’hospice.
D’après les renseignements pris par le commissaire de police, Lucien est domicilié au 18bis place Victoire et vit depuis quelques jours à Tours. Il subvient à ses besoins par des maraudages et des rapines. Trois ans auparavant, il vivait à Tours et logeait la nuit dans des bouges où il fréquentait « la mauvaise société ».
Le sac de pommes constitue dès lors un vol de récoltes dont le propriétaire est inconnu et le mouchoir un vol simple envers l’hospice de Tours. Une assignation à comparaitre le 23 octobre lui est signifié par huissier le 13 octobre 1897.
A partir de là, j’émet l’hypothèse qu’il a été remis en liberté en attendant de comparaitre 10 jours plus tard. Sauf que le 23 octobre, Lucien ne se présente probablement pas car une nouvelle assignation est faite le 08 novembre :

L’an 1897 le 8 novembre, à la requête de Mr le Procureur près le tribunal de 1ere instance […] je soussigné André Henri ROGER, huissier audiencier au dit tribunal demeurant à Tours place Plumeau n°2 ai cité HENRY Lucien Pierre, 28 ans, maréchal ferrant, sans domicile ni résidence connu … ce pourquoi j’ai affiché copie de la présente à la principale porte du Tribunal civil de Tours et ai remis semblable copie à Mr le Procureur de la République en son parquet ou étant et parlant […] à comparaitre en personne le samedi 13 novembre 1987 devant le dit tribunal […]

Le 13 novembre 1897, Lucien Pierre ne se présente pas à l’audience.
Le tribunal après en avoir délibéré conformément à la loi, jugeant en audience publique de police correctionnelle et en premier ressort; attendu que le prévenu HENRY bien que régulièrement cité, ne comparait pas, donne défaut contre lui et dit qu’il sera passé outre aux débats.
Il est donc déclaré coupable et condamné à 4 mois d’emprisonnement et 18 francs 20 centimes pour frais de procès.

Mais Lucien n’effectuera pas sa peine de suite puisqu’il s’est de nouveau « évaporé ».
C’est le Parquet de la Seine en Mai 1898 qui, demandant des renseignements au parquet de Tours, permet de remettre la main sur le fugitif. Le parquet de Tours prie ses collègues parisiens de signifier le jugement du 13 novembre 1897 au nommé Henry actuellement emprisonné à la prison Sainte Pélagie de Paris.
Le 21 mai 1898, Lucien, grand malin qu’il est, informe le parquet de Tours, par greffiers interposés, qu’il fait opposition au jugement par défaut. Le 7ème parquet du Tribunal de 1ère Instance de la Seine indique qu’Henry sera libérable le 07 juillet 1898.
Le 23 mai 1898, le Parquet de Tours, demande à ses homologues d’informer Mr HENRY Lucien Pierre que le tribunal statuera le 16 juillet 1898 sur l’opposition formée par lui contre le jugement de novembre 1897.
Lucien sort donc de prison mais je ne sais pas s’il s’est présenté le 16 juillet au Tribunal de Tours. Il est débouté de son opposition et la condamnation de 4 mois est maintenue.
Une note dans le dossier de procédure (AD37 cote 3U3/2611) indique que le gardien chef de la prison d’Angers informe le Procureur de la République de Tours que le sieur HENRY à commencé à subir sa peine le 14 octobre 1898. Vous avez bien lu, Angers !

L’arrêt de l’audience publique de Police correctionnelle du Tribunal Civil de 1ère Instance de Tours (AD37, cote 3U3/1579), indique qu’Henry Lucien aurait été arrêté pour vagabondage le 08 octobre 1898 et condamné par le Tribunal d’Angers à deux mois de prison. Voilà ce qui explique la note du gardien chef de la prison d’Angers. Maintenant a-t-il purgé 4 mois + 2 mois supplémentaires de prison ? Il faudrait aller voir les AD49 …

Du 16 au 18 novembre 1899, Lucien est arrêté pour vagabondage à Tours mais est radié de l’écrou en vertu d’un non lieu.

La Der des Der

Le 1er janvier 1900, Lucien est arrêté à Château-la-Vallière (37) pour vagabondage. Il est remis entre les mains du Tribunal Civil de 1ère Instance de Tours qui le juge le 20 janvier 1900.
Vu qu’il a déjà subi une peine de 2 mois par le Tribunal d’Angers et qu’il y a lieu de lui accorder les circonstances atténuantes, il est déclaré en état de récidive légale, fait prévu et puni par les articles 269, 270, 271, 58 et 463 du code pénal.
Pour cela il écope d’un mois d’emprisonnement et 16 francs 80 centimes …
Mais ce n’est pas tout !

Attendu qu’il résulte du casier judiciaire de Henry que, depuis moins de 10 ans, non compris la durée de toutes les peines subies, qu’il a encouru les condamnations suivantes et que je me suis acharné à vous décrire plus haut (octobre 1894 à Tours, mars 1895 à Tours, novembre 1895 à Paris, septembre 1896 à Blois, juillet 1898 à Tours, octobre 1898 à Angers), ledit HENRY tombe sous le coup de l’application de l’article 4, § 2 et 4 de la loi du 27 mai 1885.

La sentence finale est la suivante : « à l’expiration de sa peine, HENRY sera relégué« .

Lucien va donc être envoyé au bagne, en l’occurrence en Guyane, et n’aura à sa sortie plus le droit de mettre les pieds dans l’hexagone.

Pour ceux qui n’auraient pas compté, Lucien a effectué au moins 15 séjours en prison avant de partir au bagne comme illustré ci-dessous.

Comme l’indique sa fiche matricule sous le numéro 6473, Lucien Pierre HENRY a embarqué le 21 décembre 1900 sur le Calédonie à destination de la Guyane Française. Il arrive au Maroni le 15 janvier 1901.

Source ANOM – cote H2346 – registre matricules Guyane Française

Lucien n’aura vécu (ou survécu) que 3 mois en Guyane, il décède à Saint-Jean-du-Maroni le 24 avril 1901. Son acte de décès n’en dit pas plus sur les circonstances de son décès, toutes les hypothèses sont recevables : alcool, énième et fatale crise d’épilepsie, maladie « locale » …

Source ANOM – Etat Civil Saint Jean du Maroni (1901)

Lucien Pierre n’a pas réussi à trouver sa voie dans cette vie. Les tribulations familiales dès sa plus jeune enfance l’auront marqué à jamais faisant de lui peu à peu un paria, s’enfermant dans un perpétuel mensonge. On peut croire que sa famille lui soit venue en aide ponctuellement mais son beau-frère François POIRIER en octobre 1897 le dit lui-même : « il ne peut rester nulle part et voyage continuellement de bourgs en villes« .

Le concernant, il me restera à retrouver les dossiers de justice dans les différents lieux où il a été emprisonné (Paris, Corbeil, Melun, Blois, Angers, Saumur) mais aussi de voir aux ANOM si son dossier est plus étoffé que la simple fiche matricule.