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Les enfants de Pierre HENRY (1) : Marie Pâquerette

Cet article fait suite aux 4 articles rédigés dans le cadre du Généathème d’Octobre 2021 « Vos ancêtres et la Justice » :
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 1) : Pierre HENRY
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 2) : Pierre HENRY
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 3) : Pierre HENRY
Les Affaires dans l’ Affaire (épisode 4) : Pierre HENRY

Ces affaires nous ont emmenés très loin dans le sordide d’un noyau familial indigent vivant de la charité publique, de rapines diverses où l’ivrognerie et le mensonge étaient omniprésents.
Il m’a paru évident de compléter cette histoire pour savoir et partager ce qu’étaient devenus les neuf enfants de Pierre HENRY (sosa 62), lequel a fini ses jours aux Iles du Salut en Guyane Française le 28 janvier 1885.

Je vous invite à découvrir la vie de Marie Pâquerette HENRY.

Pour ne pas contrevenir à la loi, j’indiquerais les dates et lieux de naissance / mariage de ses enfants (tous nés à Montlouis) ainsi que les dates de décès que l’on trouve sur Internet très facilement grâce aux états civils.
Je ne citerais en revanche aucun de ses petits enfants et il y en a eu, pour sûr !

Marie Pâquerette naît le 03/04/1858 au bourg de Montlouis-sur-Loire. Elle est la fille de Pierre HENRY, charcutier, et Marie Joséphine GAULTIER, sans profession.
La déclaration de naissance est faite par son père en présence de :
– Etienne BOUCHET, charpentier, 24 ans, oncle paternel à cause de sa femme Julie HENRY
– Martin BARILLET, charron, 55 ans, doublement grand-oncle paternel à cause de ses mariages avec les sœurs HENRY : Madeleine Margueritte (°vers 1801, oo 02/02/1824 et † 16/10/1833) puis Véronique (° 10/11/1814, oo 17/09/1834 et † 11/08/1859).

Source AD37 – Montlouis sur Loire – cote 6NUM8/156/006

Le 28 novembre 1873, Marie Pâquerette n’a que 15 ans lorsque sa mère décède à Montlouis-sur-Loire au lieu dit Le Rocher. On imagine très bien qu’avec Joséphine Julie sa cadette d’un an, elles s’occupent dès lors des 5 frères et sœurs dont les âges vont de 10 mois à 10 ans.

En Août 1876, elle voit partir son jeune frère Pierre Isidore dit « Albert » à la colonie de Mettray (37) pour vols. On en reparlera.
Néanmoins, le dossier de procédure (AD37 – cote 3U32294) nous apprend que Marie est alors domestique chez Monsieur GAUDRON depuis trois mois et que ce dernier l’empêche de visiter son père afin de lui donner de l’argent pour aider à élever ses jeunes frères et sœurs. On apprend aussi que le même GAUDRON aurait fait retirer une autre des filles HENRY (probablement Joséphine Julie) sans que Pierre HENRY père ne sache chez qui elle a été placée.

Le 18 septembre 1876, elle a 18 ans et exerce la profession de gagiste lorsqu’elle convole en justes noces avec Pierre Louis GASTé, maçon de son état, né à Levaré en Mayenne le 12 octobre 1845 et domicilié à Montlouis.
Il est le fils de Pierre René GASTé (° vers 1815, † 30/12/1872 St Denis de Gastines) et Anne PERRIER (° vers 1820, † 13/02/1856 Levaré).
Originaire de Levaré situé à 200 km, je ne sais pas si un éventuel compagnonnage l’a mené en Touraine ou si c’est la guerre de 1870 qui l’a mené là … Tout ce que l’on apprend dans l’acte de mariage, c’est qu’un certificat de libération du service militaire a été délivré par le sous-préfet de la Mayenne.

Sont présents au mariage :
– Théodore FOUGERON, maître maçon, 58 ans, ami du futur (probablement son patron)
– Napoléon Désiré HENRY, taillandier, 38 ans, ami de l’époux (accessoirement cousin de l’épouse)
– Etienne BOUCHER, charpentier, 41 ans, oncle de l’épouse à cause de Julie HENRY
– Charles CHAILLOU, tourneur, 54 ans, grand-oncle de l’épouse à cause de Elisabeth HENRY

Source AD37 – Montlouis sur Loire – cote 6NUM8/156/009

Entre janvier et mars 1877, l’affaire « GAUDRON René » impliquant Armantine Léontine (11 ans) doit ternir la vie du jeune couple qui attend un heureux évènement; la naissance de leur premier enfant a lieu le 21 août 1877, c’est une fille que l’on nomme Laure Joséphine Marie Gasté.
Laure Joséphine s’éteint le 24/11/1961 à Tours et je n’ai pas trouvé de mariage ou de relation la concernant. Cela qui est confirmé par les tables de successions et absences de 1961 (Tours) où elle est dite célibataire et sans actif apparent.

Au printemps 1878, l’affaire de mœurs « PODEVIN » éclate à Montlouis la sœur de Marie Paquerette, Désirée Marie (15 ans), est placée au Refuge de Tours.

Le 31 mars 1879 nait à Montlouis Auguste Georges GASTé. Il exerce le métier de taillandier et épouse Alphonsine Aimée DUCHEMIN le 25 octobre 1902 à Nazelles (37). Il s’éteint le 11 janvier 1957.

Le 25 octobre 1879, Pierre GASTé (nommé Henry) assiste à Montlouis au mariage de sa belle-sœur Joséphine Julie et de Pierre GUILLORIT, les époux vivants et travaillant à Tours.

Le 14 mai 1881 nait Gaston Pierre GASTé. Cordonnier, il épousera Marie PAQUERON le 25 mars 1911 à Nazelles (37) et décèdera le 27/02/1940 à Amboise (37).

En 1882, les affaires « Pierre HENRY » ébranlent la communauté de Montlouis et les ragots vont bon train. Bizarrement, Lucien HENRY, le petit frère, n’est pas hébergé par le couple GASTé, il est pris en charge par Etienne BLOT, un cousin germain de Pierre HENRY à cause de BARILLET Madeleine (fille du 1er mariage de BARILLET Martin). Tout comme la petite Marie Antoinette qui loge à Tours chez sa sœur Joséphine. Armantine, quant à elle, est emprisonnée et placée au refuge de Tours.
On peut imaginer que le couple GASTé, habitant Montlouis, se désolidarise de la famille. Ce doit être un coup dur psychologiquement pour Marie Pâquerette … Est-ce lié ou non mais durant les quatre années suivantes, aucun enfant ne naitra !

Le 04 Février 1885 à Tours, Pierre GASTé est présent au mariage de sa belle-sœur Désirée Marie avec Jean DOUSSOT.

Le 27 mars 1886 nait Paula Maria GASTé. Domestique, elle épouse le 24 septembre 1912 à Paris 15ème Julien Michel CARRIAS, livreur originaire d’Effiat dans le Puy de Dôme. Elle décède le 08 septembre 1934 dans le même arrondissement.

Le 20 octobre 1888, Marie met au monde sont 5ème enfant. Germaine Adrienne GASTé s’unit à René Victor BRICET le 17 août 1909 à Montlouis-sur-Loire. Elle décède le 20 août 1958 à Vouvray.

Le 11 février 1890 Charles Henri Gasté agrandit la famille mais décède à 25 seulement au champ d’honneur à Pilkem en Belgique le 01 mai 1915. Il est caporal au 66ème Régiment d’Infanterie.

Le 01 novembre 1892 Marie Pâquerette GASTé voit le jour. Elle épouse le 01 juillet 1919 à Montlouis Maurice Etienne Silvain DALLIET, typographe à Tours. Elle décède le 27 juillet 1965 à Château-la-Vallière (37).

Puis vient Raymond Edouard GASTé le 05 mai 1894 mais il décède un mois plus tard le 06 juin 1894 à Montlouis.

Le 17 avril 1895 Paul Edouard GASTé s’invite en tant que 9ème enfant. Il épouse en 1ères noces Laetitia Marie Jeanne TURQUET le 10 avril 1918 à Mont de Marsan; puis en secondes noces Juliette Albertine FAUVEAU le 14 décembre 1929 à Oran. Il décède à Tours le 14 février 1963.

Le 24 octobre 1897 nait Marthe albertine GASTé. Elle épouse Youcef OUARET, originaire de la province de Constantine, le 11 juin 1924 à Saint-Symphorien (37). Elle décède le 05 août 1952 à Sainte-Radegonde (37).

Enfin le onzième et dernier enfant Louis Albert GASTé, nait le 16 janvier 1899 et décède un mois plus tard le 15 février 1899.

Les années passent. Le 01 février 1905 Pierre Louis GASTé tire sa révérence à 59 ans. La déclaration est faite par ses fils Georges et Gaston qui n’ont qu’une bonne vingtaine d’années. Il reste encore pour Marie quatre enfants âgés de 8, 10, 13 et 15 ans à élever.

Marie Pâquerette HENRY, épse GASTé, a mis au monde 11 enfants dont deux sont décédés en bas âge et un lors de la grande guerre loin de sa Touraine natale. Sur ses 8 enfants survivants, 7 se marieront et auront donné certainement une descendance prolifique.
N’ayant pas réussi à trouver dans le Journal Officiel si Marie Pâquerette a eu la joie de recevoir la Médaille de la Famille Française je la lui décerne moi-même à titre posthume et en Or s’il vous plait.

Source Geneawiki

Créée le 26 mai 1920 pour encourager la natalité, après les pertes en vies humaines de la guerre 19141918.Le décret n° 82-938 du 28/10/1982 et l’arrêté du 15/03/1983 ont modifiés les conditions d’attribution.
Conférée aux pères et/ou aux mères de famille mariés qui élèvent ou qui ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leurs mérites et de leur témoigner la reconnaissance de la Nation.
– 4 ou 5 enfants pour la médaille de bronze,
– 6 ou 7 pour la médaille d’argent,
– 8 et plus pour la médaille d’or,
l’aîné des enfants ayant au moins 16 ans.
Remise chaque année à l’occasion de la fête des Mères.

Médaille (décret du 28/10/1982)
– à l’avers : une famille : père, mère et 3 enfants et l’inscription «Famille française» (avant 1982, une mère tenant un enfant dans ses bras).
– au revers : les mots «République française»
Ruban : une bande médiane vert lumière entre deux bandes rouge ponceau, la médaille d’argent et d’or porte une rosette aux couleurs du ruban.

Médailles décernées depuis 1920 à 1997 : 918 945 (dont bronze : 665 730, argent : 168090, or : 85135.)

Marie Pâquerette HENRY, fille aînée de Pierre HENRY et Marie Joséphine GAUTIER, épouse de Pierre Louis GASTé, s’éteint à 75 ans le 18 janvier 1934 à Vouvray (37).

Pour terminer cet article, je place cet arbre généré depuis Geneanet permettant de mieux repérer chaque protagoniste de la famille Henry et ne pas jouer à « Où est Charlie ? » 🙂

Geneanet – Descendance G5 de Pierre HENRY °1775 †1851